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    <title><![CDATA[boutique-defaut-wizishop-tpl-commun]]></title>
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    <pubDate>Wed, 10 Jun 2026 00:36:25 +0200</pubDate>
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    <copyright>WiziShop</copyright>
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                <title><![CDATA[La première fois que...]]></title>
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                <pubDate>Wed, 24 Apr 2024 11:59:04 +0200</pubDate>
                <dc:creator><![CDATA[Ada Parme]]></dc:creator>
                <description><![CDATA[La première fois que le manuscrit de Harry Potter à l'école des sorciers de Joanne Rowling atterrit sur le bureau d'agents littéraires et de maisons d'édition... il est refusé, jusqu'à ce que la maison d'édition anglaise Bloomsbury accepte de le publier à 1000 exemplaires (dont 500 destinés aux bibliothèques), en demandant à son autrice de prendre un nom de plume neutre (J. K. Rowling) pour mieux attirer le lectorat des garçons... Gallimard sera le premier éditeur français à la publier hors du Royaume-Uni, sous la houlette de Christine Baker, fascinée par le talent de cette auteure inconnue.

La première fois que Du côté de chez Swan de Marcel Proust arrive chez Gallimard, il est refusé, avant d'être publié chez Grasset qui laissera payer à Proust les frais d'impression, de publicité et de correction...

La première fois que Hygiène de l'Assassin d'Amélie Nothomb arrive chez Gallimard, Philippe Sollers croit à un canular...

La première fois que Dune de Frank Herbert est publié, c'est en plusieurs parties dans le mensuel pulp "Analog"... Frank Herbert essuiera 20 refus d'éditeurs avant d'être accepté par Chilton Boosk, qui publie des manuels de réparation automobile...

Ces moments "ordinaires" de l'histoire littéraire qui précèdent le basculement dans la popularité et le succès sont fascinants : cet anonymat précieux ignore encore qu'il sera bientôt révolu, ces histoires vécues sûrement comme des échecs alimenteront pourtant la légende en devenir. Les trames existentielles se fomentent bien souvent dans les coulisses...

Etre éditrice et traductrice, c'est participer à ce grand échiquier de la vie des livres, où la stratégie n'est rien sans l'intuition, et où l'intuition n'est peut-être rien sans la chance... 
]]></description>
                <content:encoded><![CDATA[<p>La première fois que le manuscrit de <em>Harry Potter à l'école des sorciers</em> de Joanne Rowling atterrit sur le bureau d'agents littéraires et de maisons d'édition... il est refusé, jusqu'à ce que la maison d'édition anglaise Bloomsbury accepte de le publier à 1000 exemplaires (dont 500 destinés aux bibliothèques), en demandant à son autrice de prendre un nom de plume neutre (J. K. Rowling) pour mieux attirer le lectorat des garçons... Gallimard sera le premier éditeur français à la publier hors du Royaume-Uni, sous la houlette de Christine Baker, fascinée par le talent de cette auteure inconnue.<br />
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La première fois que <em>Du côté de chez Swan</em> de Marcel Proust arrive chez Gallimard, il est refusé, avant d'être publié chez Grasset qui laissera payer à Proust les frais d'impression, de publicité et de correction...<br />
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La première fois que <em>Hygiène de l'Assassin</em> d'Amélie Nothomb arrive chez Gallimard, Philippe Sollers croit à un canular...<br />
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La première fois que <em>Dune </em>de Frank Herbert est publié, c'est en plusieurs parties dans le mensuel pulp "Analog"... Frank Herbert essuiera 20 refus d'éditeurs avant d'être accepté par Chilton Boosk, qui publie des manuels de réparation automobile...<br />
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Ces moments "ordinaires" de l'histoire littéraire qui précèdent le basculement dans la popularité et le succès sont fascinants : cet anonymat précieux ignore encore qu'il sera bientôt révolu, ces histoires vécues sûrement comme des échecs alimenteront pourtant la légende en devenir. Les trames existentielles se fomentent bien souvent dans les coulisses...<br />
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Etre éditrice et traductrice, c'est participer à ce grand échiquier de la vie des livres, où la stratégie n'est rien sans l'intuition, et où l'intuition n'est peut-être rien sans la chance...</p><img src="https://www.adaparme.com/_i/352326/m250-119/1455/20/livres-harry-potter-dune-proust-amelie-nothomb.jpeg" alt="Livres Harry Potter Dune Proust Amelie Nothomb" />]]></content:encoded>
            </item>
                        <item>
                <title><![CDATA[Entretien avec Vivienne Cocciarelli]]></title>
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                <pubDate>Fri, 01 Dec 2023 12:06:00 +0100</pubDate>
                <dc:creator><![CDATA[Ada Parme]]></dc:creator>
                <description><![CDATA[Vivienne, comment est née ta passion pour le dessin ?  

D’aussi longtemps que je me souvienne je dessine, tout le temps et partout. Ma mère a suivi des études en histoire de l’art et lorsque j’étais petite elle donnait des cours à mes camarades d’école. Je participai souvent mais sans être assidue, je préférais que cela reste un moment de liberté, sans professeur et sans public. J’ai donc attendu d’être adulte pour me former autrement qu’en autodidacte. 

Quelles sont tes sources d'inspiration et influences artistiques  ?  

Mes premières inspirations étaient les dessins animés, j’adorais leur expressivité et la magie qu’ils apportaient dans mon imaginaire de petite fille. Je pouvais les revoir en boucle et ensuite redessiner mes personnages préférés. 

En grandissant en Italie j’ai également beaucoup été influencée par les peintres de la Renaissance et la beauté des figures féminines. Je me souviens encore de mon émotion la première fois que j’ai vu la Naissance de Vénus de Botticelli à Florence. 

Comment définirais-tu ton processus créatif ? 

Je pars souvent de la première idée qui me vient en tête et je cherche en ligne des inspirations pour la réaliser. Souvent cela évolue en cours de route, mais lorsque le concept est plus ou moins figé je commence à dessiner le premier jet au crayon. Ensuite, c’est là où le choix de la technique dépend souvent du ressenti du moment. Je n’ai pas de technique de prédilection, souvent d’ailleurs je dois apprendre la technique que je souhaite utiliser car je considère que c’est elle qui rendra le mieux ma vision ! Il y a donc toujours une part d’apprentissage et c’est ce que je trouve le plus stimulant. 

Instaures-tu une routine dans ton travail, ou chaque projet te permet-il de recommencer à zéro ? 

Je travaille constamment sur plusieurs projets en parallèles, tout en me formant en continu sur de nouvelles techniques. Généralement, je suis donc inspirée par la technique, le style ou la période sur lesquels je travaille à ce moment-là. Et inversement, mon application des techniques que j’étudie s’inspire souvent de l’univers du projet sur lequel je travaille. 

C’est d’ailleurs ce que je trouve fascinant : chaque réalisation n’existe que par une succession de décisions et de coïncidences. Le résultat à quelques semaines près aurait été complètement diffèrent. Aurait-il été meilleur ? Je n’y pense pas, je préfère me dire que les choses arrivent pour une raison, que les gens se croisent car cela devait arriver et que chaque projet devait exister ainsi. Il pourra exister autrement, à l’avenir peut-être, mais ce sera à la suite d’une nouvelle inspiration, une nouvelle interprétation. 

Comment t'es-tu emparée de l'univers de Lupo ? As-tu travaillé sur des thématiques qui te sont proches ou as-tu exploré de nouvelles pistes ? 

Encore par hasard puisque l’illustration de cet ouvrage est née de notre rencontre, d'un échange sur les réseaux en ligne. Quelques jours après, je découvrais l’univers de Lupo qui me parle tout particulièrement. Il y a plusieurs années, ma mère est tombée amoureuse de la région des Pouilles en Italie, et depuis elle partage avec nous cette passion. J’y passe chaque été plusieurs jours et en quelques pages, j’ai retrouvé et surtout compris l’ambiance que Clara Nubile retranscrivait dans Lupo. J’ai tout de suite eu beaucoup d’idées et d’images en tête pour illustrer les chapitres. J’avais envie d’illustrer ce que je connaissais de cette région magnifique tout en donnant sa place à l’univers plus sombre de l’ouvrage.  

T'es-tu laissée porter par le style d'écriture, ou as-tu choisi de t'attacher à certains détails très précis du texte ? 

Je me suis surtout attachée aux lieux, aux odeurs et saveurs décrits dans l’ouvrage. En dehors de l’histoire, je me suis laissée porter par le ressenti des personnages. Souvent, lorsque l’on pense à un endroit, un souvenir, on s’accroche à des images très précises. Ce sont les images qui me venaient en tête que j’ai voulu intégrer au texte. 

Peux-tu raconter aux lecteurs comment tu as travaillé pour créer les couvertures ? 

Pour les couvertures, Sophie, tu avais une idée bien précise en tête, à la fois pour l’ouvrage mais aussi pour le style général d’Ada Parme. Et pour moi cela représentait un vrai défi : réaliser une couverture classique et impactante qui illustre un récit plutôt moderne, sans fioritures et assez cru. J’ai donc exploré plusieurs techniques avec comme seul fil conducteur la végétation des Pouilles. Malgré plusieurs essais initiaux plutôt satisfaisants, je reprenais sans cesse le sujet sous différentes formes, avec différentes techniques. Le digital que j’avais choisi au début ne me satisfaisait pas. Je suis revenue aux techniques traditionnelles, l’aquarelle, l’acrylique, l’encre…c’était une vraie exploration. Les deux couvertures retenues découlent finalement d'une succession de techniques expérimentales mixtes. 

Pour ce texte, comment vois-tu la relation, le dialogue entre images et textes ? 

Ici les images étaient plutôt un clin d’œil au texte, les chapitres étaient tellement courts et rythmés, j’ai voulu qu’ils aident le lecteur á s’ancrer dans le récit. Au travers des images je voulais également apporter de la beauté à ce texte parfois dur et sombre. 

Propos recueillis en novembre 2023 

  
]]></description>
                <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Vivienne, comment est née ta passion pour le dessin ? </strong></p>

<p>D’aussi longtemps que je me souvienne je dessine, tout le temps et partout. Ma mère a suivi des études en histoire de l’art et lorsque j’étais petite elle donnait des cours à mes camarades d’école. Je participai souvent mais sans être assidue, je préférais que cela reste un moment de liberté, sans professeur et sans public. J’ai donc attendu d’être adulte pour me former autrement qu’en autodidacte.</p>

<p><strong>Quelles sont tes sources d'inspiration et influences artistiques  ? </strong></p>

<p>Mes premières inspirations étaient les dessins animés, j’adorais leur expressivité et la magie qu’ils apportaient dans mon imaginaire de petite fille. Je pouvais les revoir en boucle et ensuite redessiner mes personnages préférés.</p>

<p>En grandissant en Italie j’ai également beaucoup été influencée par les peintres de la Renaissance et la beauté des figures féminines. Je me souviens encore de mon émotion la première fois que j’ai vu la Naissance de Vénus de Botticelli à Florence.</p>

<p><strong>Comment définirais-tu ton processus créatif ?</strong></p>

<p>Je pars souvent de la première idée qui me vient en tête et je cherche en ligne des inspirations pour la réaliser. Souvent cela évolue en cours de route, mais lorsque le concept est plus ou moins figé je commence à dessiner le premier jet au crayon. Ensuite, c’est là où le choix de la technique dépend souvent du ressenti du moment. Je n’ai pas de technique de prédilection, souvent d’ailleurs je dois apprendre la technique que je souhaite utiliser car je considère que c’est elle qui rendra le mieux ma vision ! Il y a donc toujours une part d’apprentissage et c’est ce que je trouve le plus stimulant.</p>

<p><strong>Instaures-tu une routine dans ton travail, ou chaque projet te permet-il de recommencer à zéro ?</strong></p>

<p>Je travaille constamment sur plusieurs projets en parallèles, tout en me formant en continu sur de nouvelles techniques. Généralement, je suis donc inspirée par la technique, le style ou la période sur lesquels je travaille à ce moment-là. Et inversement, mon application des techniques que j’étudie s’inspire souvent de l’univers du projet sur lequel je travaille.</p>

<p>C’est d’ailleurs ce que je trouve fascinant : chaque réalisation n’existe que par une succession de décisions et de coïncidences. Le résultat à quelques semaines près aurait été complètement diffèrent. Aurait-il été meilleur ? Je n’y pense pas, je préfère me dire que les choses arrivent pour une raison, que les gens se croisent car cela devait arriver et que chaque projet devait exister ainsi. Il pourra exister autrement, à l’avenir peut-être, mais ce sera à la suite d’une nouvelle inspiration, une nouvelle interprétation.</p>

<p><strong>Comment t'es-tu emparée de l'univers de <em>Lupo</em> ? As-tu travaillé sur des thématiques qui te sont proches ou as-tu exploré de nouvelles pistes ?</strong></p>

<p>Encore par hasard puisque l’illustration de cet ouvrage est née de notre rencontre, d'un échange sur les réseaux en ligne. Quelques jours après, je découvrais l’univers de Lupo qui me parle tout particulièrement. Il y a plusieurs années, ma mère est tombée amoureuse de la région des Pouilles en Italie, et depuis elle partage avec nous cette passion. J’y passe chaque été plusieurs jours et en quelques pages, j’ai retrouvé et surtout compris l’ambiance que Clara Nubile retranscrivait dans Lupo. J’ai tout de suite eu beaucoup d’idées et d’images en tête pour illustrer les chapitres. J’avais envie d’illustrer ce que je connaissais de cette région magnifique tout en donnant sa place à l’univers plus sombre de l’ouvrage. </p>

<p><strong>T'es-tu laissée porter par le style d'écriture, ou as-tu choisi de t'attacher à certains détails très précis du texte ?</strong></p>

<p>Je me suis surtout attachée aux lieux, aux odeurs et saveurs décrits dans l’ouvrage. En dehors de l’histoire, je me suis laissée porter par le ressenti des personnages. Souvent, lorsque l’on pense à un endroit, un souvenir, on s’accroche à des images très précises. Ce sont les images qui me venaient en tête que j’ai voulu intégrer au texte.</p>

<p>Peux-tu raconter aux lecteurs comment tu as travaillé pour créer les couvertures ?</p>

<p>Pour les couvertures, Sophie, tu avais une idée bien précise en tête, à la fois pour l’ouvrage mais aussi pour le style général d’Ada Parme. Et pour moi cela représentait un vrai défi : réaliser une couverture classique et impactante qui illustre un récit plutôt moderne, sans fioritures et assez cru. J’ai donc exploré plusieurs techniques avec comme seul fil conducteur la végétation des Pouilles. Malgré plusieurs essais initiaux plutôt satisfaisants, je reprenais sans cesse le sujet sous différentes formes, avec différentes techniques. Le digital que j’avais choisi au début ne me satisfaisait pas. Je suis revenue aux techniques traditionnelles, l’aquarelle, l’acrylique, l’encre…c’était une vraie exploration. Les deux couvertures retenues découlent finalement d'une succession de techniques expérimentales mixtes.</p>

<p><strong>Pour ce texte, comment vois-tu la relation, le dialogue entre images et textes ?</strong></p>

<p>Ici les images étaient plutôt un clin d’œil au texte, les chapitres étaient tellement courts et rythmés, j’ai voulu qu’ils aident le lecteur á s’ancrer dans le récit. Au travers des images je voulais également apporter de la beauté à ce texte parfois dur et sombre.</p>

<p>Propos recueillis en novembre 2023</p>

<p> </p><img src="https://www.adaparme.com/_i/352326/m250-55/2743/55/lupo-bande-annoce-2-1-copie.jpeg" alt="Lupo bande annoce 2 (1) - Copie" />]]></content:encoded>
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                        <item>
                <title><![CDATA[Entretien avec Clara Nubile]]></title>
                <link>https://www.adaparme.com/blog/blog/entretien-avec-clara-nubile.html</link>
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                <pubDate>Mon, 13 Nov 2023 13:20:09 +0100</pubDate>
                <dc:creator><![CDATA[Ada Parme]]></dc:creator>
                <description><![CDATA[Après le roman Io ti attacco nel sangue, les femmes sont une fois de plus les héroïnes de ce roman, Lupo. Comment a pris vie l’histoire de Nunzia et Palmira?  

Leur histoire est née d'une ballade que j'ai faite avec mes cousines, au bord de la mer, un jour d’orage. J’étais plongée dans ces couleurs si étrangement nordiques, avec le ciel plombé et menaçant, et le vent qui faisait tourbillonner le sable. Tout ce qui m'était si familier est soudain devenu menaçant. Il y avait une forte sensualité dans ce paysage marin bouleversé. Palmira et Nunzia sont nées sur cette plage du Salento, par un été étrange et orageux. J'ai pensé à deux femmes qui se ressemblent, liées et aussi intenses que certains paysages naturels. Deux femmes qui vivent tout à l'extrême. 

L'arrière-plan de cette histoire est un Salento archaïque, dans lequel apparaissent tous les éléments de l'imaginaire populaire : masserie (grandes fermes anciennes), tambourins, pettule (beignets), figues de barbarie, friseddhe (petits pains croustillants), pizzichi (danses du Salento), plages resplendissantes, etc... 

Quand j'ai écrit Lupo, j'avais en tête une vieille masseria abandonnée près de mon village, Tuturano. La Masseria Colemi. Une masseria que je voyais depuis mon enfance. J'ai toujours imaginé des fantômes et des histoires d'amour dans ce lieu. Ayant grandi avec les friseddhe et le pettule, avec mes grands-mères qui faisaient du pain à la maison, je suis très attachée aux traditions. » 

Il y a aussi une pointe de nostalgie dans cette réappropriation de la mémoire… 

Le sud archaïque, le sud des contes et des masserie, des vieux tambourins, est un sud mémoriel, mais il fait aussi partie de mes racines. Ce ne sont pas seulement des souvenirs, ce sont des histoires vivantes qui font partie intégrante de moi. Quand je voyage d'un continent à l'autre, d'un océan à l'autre, j'emporte ma valise d'histoires. C’est peut-être une forme de nostalgie. Et l'art est aussi un moyen d'apprivoiser cette "nostalgie". 

Écrit dans un rythme souvent brisé et syncopé, le roman relève pourtant d’une prose fortement lyrique. 

Le rythme est celui du tambourin, le rythme du sang, le rythme d'un ciel qui vous tombe dessus. Quant au lyrisme, c'est peut-être parce que j'adore la poésie et que j'en ai lu beaucoup. Peut-être parce que, comme beaucoup, j'ai besoin d'injecter une touche de poésie dans le quotidien pour le rendre supportable, regardable, au moins un peu vivable. Le lyrisme est le souffle plus large que prennent certaines histoires. Souvent par hasard. 


Propos recueillis par Rossana Astremo, pour le Nuovo Quotidiano di Puglia 
]]></description>
                <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Après le roman <em>Io ti attacco nel sangue</em>, les femmes sont une fois de plus les héroïnes de ce roman, <em>Lupo</em>. Comment a pris vie l’histoire de Nunzia et Palmira? </strong></p>

<p>Leur histoire est née d'une ballade que j'ai faite avec mes cousines, au bord de la mer, un jour d’orage. J’étais plongée dans ces couleurs si étrangement nordiques, avec le ciel plombé et menaçant, et le vent qui faisait tourbillonner le sable. Tout ce qui m'était si familier est soudain devenu menaçant. Il y avait une forte sensualité dans ce paysage marin bouleversé. Palmira et Nunzia sont nées sur cette plage du Salento, par un été étrange et orageux. J'ai pensé à deux femmes qui se ressemblent, liées et aussi intenses que certains paysages naturels. Deux femmes qui vivent tout à l'extrême.</p>

<p><strong>L'arrière-plan de cette histoire est un Salento archaïque, dans lequel apparaissent tous les éléments de l'imaginaire populaire : <em>masserie</em> (grandes fermes anciennes), tambourins, <em>pettule</em> (beignets), figues de barbarie, <em>friseddhe</em> (petits pains croustillants), <em>pizzichi</em> (danses du Salento), plages resplendissantes, etc...</strong></p>

<p>Quand j'ai écrit <em>Lupo</em>, j'avais en tête une vieille <em>masseria</em> abandonnée près de mon village, Tuturano. La Masseria Colemi. Une <em>masseria</em> que je voyais depuis mon enfance. J'ai toujours imaginé des fantômes et des histoires d'amour dans ce lieu. Ayant grandi avec les <em>friseddhe</em> et le <em>pettule</em>, avec mes grands-mères qui faisaient du pain à la maison, je suis très attachée aux traditions. »</p>

<p><strong>Il y a aussi une pointe de nostalgie dans cette réappropriation de la mémoire…</strong></p>

<p>Le sud archaïque, le sud des contes et des <em>masserie</em>, des vieux tambourins, est un sud mémoriel, mais il fait aussi partie de mes racines. Ce ne sont pas seulement des souvenirs, ce sont des histoires vivantes qui font partie intégrante de moi. Quand je voyage d'un continent à l'autre, d'un océan à l'autre, j'emporte ma valise d'histoires. C’est peut-être une forme de nostalgie. Et l'art est aussi un moyen d'apprivoiser cette "nostalgie".</p>

<p><strong>Écrit dans un rythme souvent brisé et syncopé, le roman relève pourtant d’une prose fortement lyrique.</strong></p>

<p>Le rythme est celui du tambourin, le rythme du sang, le rythme d'un ciel qui vous tombe dessus. Quant au lyrisme, c'est peut-être parce que j'adore la poésie et que j'en ai lu beaucoup. Peut-être parce que, comme beaucoup, j'ai besoin d'injecter une touche de poésie dans le quotidien pour le rendre supportable, regardable, au moins un peu vivable. Le lyrisme est le souffle plus large que prennent certaines histoires. Souvent par hasard.</p>

<p><br />
Propos recueillis par Rossana Astremo, pour le <em>Nuovo Quotidiano di Puglia</em></p><img src="https://www.adaparme.com/_i/352326/m250-222/2755/24/clara-nubile.jpeg" alt="clara nubile" />]]></content:encoded>
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